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title: "SELARL ou SELAS : quel statut choisir en libéral ?"
description: "Vous exercez une profession libérale réglementée et vous hésitez entre la SELARL ou la SELAS pour structurer votre cabinet ? Les deux formes offrent une responsabilité limitée et une fiscalité à l'IS, mais leurs différences changent tout : statut social du dirigeant, coût de cession, liberté statutaire, protection sociale. Un mauvais choix peut vous coûter des milliers d'euros chaque année."
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  title: "SELARL ou SELAS : différences, avantages et aide au choix"
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Résumé de l'article

-   La SELARL et la SELAS sont deux formes de sociétés d’exercice libéral adaptées aux professions libérales réglementées.
    
-   La SELARL privilégie des cotisations sociales réduites et un fonctionnement encadré, tandis que la SELAS offre davantage de souplesse statutaire.
    
-   Depuis 2025, les dividendes dépassant 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants sont soumis aux cotisations TNS dans les deux structures.
    
-   La SELAS présente un avantage important en matière de cession de titres grâce à des droits d’enregistrement plus faibles et à une plus grande liberté statutaire.
    
-   Le choix entre SELARL et SELAS dépend principalement du régime social recherché, de la protection sociale, de la gouvernance et des projets d’évolution du cabinet.

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Vous exercez une profession libérale réglementée et vous hésitez entre **la SELARL ou la SELAS** pour structurer votre cabinet ? Les deux formes offrent une responsabilité limitée et une fiscalité à l'IS, mais leurs différences changent tout : statut social du dirigeant, coût de cession, liberté statutaire, protection sociale. Un mauvais choix peut vous coûter des milliers d'euros chaque année. 

Mais quel statut social choisir concrètement selon votre situation ? Quelle structure si vous envisagez une transmission ? Comment passer de l'une à l'autre ? Vous découvrirez dans ce guide complet tout ce qu'il faut savoir pour choisir entre **SELARL ou SELAS**. 

## SELARL et SELAS : de quoi parle-t-on exactement ?

### Qu'est-ce qu'une société d'exercice libéral (SEL) ?

Avant de choisir entre **SELARL et SELAS**, il faut comprendre ce qui les unit : toutes deux appartiennent à la **famille des sociétés d'exercice libéral**, ou **SEL**. Créée par la loi du 31 décembre 1990, la SEL est une forme juridique réservée exclusivement aux **professions libérales réglementées**. 

Concrètement, qui est concerné ? Les [médecins](https://www.clementine.fr/blog/creation-et-financement/profession-liberale-lactivite-de-medecin-independant/), chirurgiens-dentistes, avocats, architectes, [experts-comptables](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/les-differences-entre-un-comptable-et-un-expert-comptable/), kinésithérapeutes, pharmaciens et vétérinaires, entre autres. En revanche, un consultant indépendant ou un coach ne peut pas y prétendre : la SEL reste strictement réservée aux professions dont le **titre est protégé par la loi**.

Son **objet social** est, lui aussi, strictement encadré. Une SEL ne peut exercer qu'**une seule profession libérale réglementée à la fois**. Impossible, par exemple, de regrouper une activité médicale et une activité juridique au sein de la même structure.

Autre point incontournable : la création d'une SEL nécessite obligatoirement un **agrément de l'ordre professionnel compétent**. Sans cet agrément, la société ne peut pas exercer légalement. 

Pour aller plus loin sur le cadre légal : [Service-Public.fr — Société d'exercice libéral (SEL)](https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F38447).

### SELARL et SELAS : quelles sont leurs bases légales respectives ?

La **SEL existe sous quatre formes**, mais deux d'entre elles concentrent l'essentiel des créations : la **SELARL et la SELAS**. Leur point commun ? Elles s'appuient toutes deux sur des **formes juridiques classiques** du droit commercial, simplement adaptées aux professions libérales réglementées.

La [**SELARL**](https://www.clementine.fr/blog/creation-et-financement/selarl/) (Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) est calquée sur le **modèle de la** [**SARL**](https://www.clementine.fr/blog/creation-et-financement/sarl/). Ses statuts sont encadrés par la loi : les règles de fonctionnement, de direction et de cession des parts sont prédéfinies par le code de commerce. Résultat : peu de place à l'improvisation, mais une sécurité juridique appréciable.

La [**SELAS**](https://www.clementine.fr/blog/creation-et-financement/selas/) (Société d'Exercice Libéral par Actions Simplifiée), quant à elle, s'inspire de la **SAS**. Elle offre une bien plus grande liberté statutaire : les associés s’accordent librement sur les règles de gouvernance, les droits attachés à chaque catégorie d'actions et les modalités de prise de décision. Cette souplesse est un vrai atout… à condition de rédiger des statuts solides dès le départ.

Dans les deux cas, une règle s'impose sans exception : la **majorité du** [**capital social**](https://www.clementine.fr/blog/creation-et-financement/capital-social/) et des **droits de vote** doivent rester entre les **mains des professionnels** en exercice de la même profession. Des associés non professionnels : investisseurs extérieurs ou SPFPL (Société de Participations Financières de Professions Libérales) peuvent entrer au capital, mais uniquement en position minoritaire.

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💡 **À savoir** : si vous souhaitez exercer seul, sachez que les deux structures disposent d'une version unipersonnelle : la [SELARLU](https://www.clementine.fr/blog/creation-et-financement/selarlu/) pour la SELARL, et la [SELASU](https://www.clementine.fr/blog/creation-et-financement/selasu/) pour la SELAS.

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### Tableau comparatif SELARL / SELAS : les différences en un coup d'œil

Pour y voir plus clair, voici les principales différences entre SELARL et SELAS regroupées dans un **tableau comparatif** synthétique.

| **Critère** | **SELARL** | **SELAS** |
| --- | --- | --- |
| Modèle de référence | SARL | SAS |
| Nombre d’associés | 2 à 100 | 2 minimum, illimité |
| Capital social minimum | 1 € | 1 € |
| Libération des apports en numéraire | ⅕ à la création | ½ à la création |
| Direction | Gérant(s) | Président |
| Statut social du dirigeant | TNS (gérant majoritaire)<br><br>Assimilé salarié (gérant minoritaire) | Assimilé salarié |
| Flexibilité des statuts | Encadrée par la loi | Grande liberté statutaire |
| Conjoint collaborateur | Oui | Non |
| Régime fiscal par défaut | IS (option IR pendant 5 ans) | IS (option IR pendant 5 ans) |
| Version unipersonnelle | SELARLU | SELASU |

## Quels sont les avantages et inconvénients de la SELARL ?

### Le statut social du gérant en SELARL : TNS, avantages et limites

En **SELARL**, le gérant majoritaire relève du régime des [**Travailleurs Non Salariés**](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/travailleur-non-salarie-en-quoi-cela-consiste/) (TNS). Concrètement, cela signifie qu'il cotise auprès de l’URSSAF ou auprès de sa caisse de retraite professionnelle selon la profession exercée (CARMF pour les médecins, CARPIMKO pour les kinésithérapeutes, etc.).

C'est sur **les cotisations sociales** que la SELARL tire son principal avantage. Le gérant majoritaire cotise environ **40 à 45 % de sa rémunération brute**, soit deux fois moins qu'un président de SELAS soumis au régime assimilé salarié. Sur une rémunération annuelle de 80 000 €, l'économie peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. Un argument de poids pour les praticiens qui souhaitent **optimiser leur rémunération nette**.

Cela dit, le statut TNS présente aussi des limites. La [**protection sociale**](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/protection-sociale-professionnel-liberal/) **est moins étendue** qu'en régime assimilé salarié : les indemnités journalières sont plafonnées, la couverture prévoyance est plus légère et il n'existe aucune cotisation chômage. Pour compenser, beaucoup de gérants souscrivent à des **contrats de prévoyance et d'assurance complémentaires**, ce qui représente un coût supplémentaire à intégrer dans votre réflexion.

Autre particularité de la SELARL : elle permet d'accueillir un [**conjoint collaborateur**](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/travailler-avec-un-conjoint-collaborateur/), à condition que celui-ci participe activement à l'activité du cabinet. Un avantage non négligeable pour les structures familiales.

### Fiscalité et dividendes en SELARL : ce qu'il faut savoir en 2026

Sur le plan fiscal, la SELARL est soumise **par défaut à l'**[**Impôt sur les Sociétés**](https://www.clementine.fr/blog/taxes-et-impots/le-regime-de-limpot-sur-les-societes-is/) **(IS)**. Le **taux réduit de 15 %** s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfices, sous réserve que le chiffre d'affaires soit inférieur à 10 millions d'euros et que le capital soit entièrement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Au-delà, le **taux normal de 25 %** prend le relais. À la création, les associés peuvent **opter pour l'**[**Impôt sur le Revenu**](https://www.clementine.fr/blog/taxes-et-impots/le-regime-de-limpot-sur-le-revenu-ir/) (IR) pendant une durée maximale de cinq ans.

Du côté des [**dividendes**](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/dividendes-sarl/), la règle est la suivante : la fraction des dividendes **dépassant 10 % du capital social**, des primes d'émission et des comptes courants d'associés est soumise aux **cotisations TNS**. Seule la fraction en dessous de ce seuil bénéficie de la flat tax à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux).

Prenons un **exemple concret**. Un gérant de SELARL disposant d'un capital social de 10 000 € et d'un compte courant moyen de 5 000 €. Son seuil d'exonération est donc de 10 % × 15 000 € = 1 500 €. Tout dividende versé au-delà de ce montant entre dans l'assiette des cotisations TNS.

**Résultat** : plus votre capital social est élevé, plus votre seuil d'exonération l'est aussi. Intégrer des [réserves](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/reserve-legale/) au capital peut donc constituer un levier d'optimisation fiscale à ne pas négliger.

### Quels sont les coûts de fonctionnement d'une SELARL ?

**Créer une SELARL** représente un investissement initial à ne pas sous-estimer. À la création, les [frais](https://www.clementine.fr/blog/creation-et-financement/cout-creation-sarl/) officiels d'immatriculation s’élèvent à environ **53,16** € (inscription au registre du commerce, déclaration du bénéficiaire effectif et coût de diffusion INPI**)**. 

À cela vient s'ajouter la **publication d'une annonce légale**, dont le tarif forfaitaire 2026 est fixé à **148 € HT pour une SELARL**. Enfin, la **rédaction des statuts** par un comptable ou un avocat représente généralement entre **500 et 2 000 €** selon la complexité de votre situation.

Une fois la société lancée, les charges de fonctionnement annuelles comprennent principalement la **comptabilité obligatoire**. La SELARL étant soumise aux règles de la comptabilité commerciale, un suivi rigoureux est indispensable. Un cabinet comptable en ligne comme [Clementine](https://www.clementine.fr/juridique/creation-sarl-en-ligne/) permet de maîtriser ce poste de dépense, avec un accompagnement par un expert-comptable dédié à un tarif transparent.

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💡 **À savoir** : n'oubliez pas d'intégrer le **coût de l'agrément** auprès de l'ordre professionnel, qui varie selon la profession et l'ordre concerné.

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## Quels sont les avantages et inconvénients de la SELAS ?

### Le statut social du président en SELAS : assimilé salarié, que couvre-t-il ?

#### Le double régime social du président-associé exerçant

En SELAS, le président est souvent présenté comme un **assimilé salarié**. C'est vrai, mais seulement en partie. Car dès que le président exerce lui-même la profession libérale au sein de la société, il cumule deux casquettes et donc deux régimes sociaux distincts.

D'un côté, sa **rémunération de dirigeant** (celle qu'il perçoit au titre de sa fonction de président) relève du **régime assimilé salarié**. Il cotise alors au régime général de la Sécurité sociale et bénéficie d'une meilleure couverture maladie, maternité, prévoyance et retraite. Mais attention : cette rémunération est **plafonnée à 5 %** de sa rémunération totale (à défaut de justification précise sur la répartition entre les missions et les fonctions de président et de dirigeant exerçant).

De l'autre, sa **rémunération d'associé exerçant,** c'est-à-dire ce qu'il perçoit au titre de son **activité libérale** (consultations, actes, honoraires, etc.) relève des bénéfices non commerciaux BNC et donc du régime TNS, exactement comme un gérant de SELARL.

En pratique, pour un praticien qui se verse 100 000 € par an, seuls 5 000 € au maximum sont soumis au régime assimilé salarié. Les 95 000 € restants supportent les cotisations TNS.

#### La souplesse de gouvernance de la SELAS

C'est sur l'organisation et la gestion que la SELAS se distingue vraiment. Contrairement à la SELARL, dont la gouvernance est imposée par la loi, la **SELAS** est un statut juridique qui permet de construire une direction entièrement sur-mesure. Le **président** peut être une **personne morale** (une SPFPL ou une holding) et des **directeurs généraux** peuvent être nommés pour partager les responsabilités. Les droits attachés à chaque catégorie d'actions sont librement définis dans les statuts. Une liberté statutaire précieuse pour les cabinets multi-associés ou en forte croissance.

### Fiscalité et dividendes en SELAS : ce qui a changé depuis 2025

Sur le plan fiscal, la SELAS fonctionne de manière identique à la SELARL : **imposition à l'IS par défaut**, avec un taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfices et un taux normal de 25 % au-delà. L'option à l'IR pendant cinq ans est également possible à la création.

Là où tout a changé, c'est sur les **dividendes**. Pendant longtemps, la SELAS a été présentée comme la structure idéale pour percevoir des dividendes sans cotisations sociales, via la [flat tax](https://www.clementine.fr/blog/taxes-et-impots/flat-tax/) à 31,4 %. Cet avantage a disparu.

**L'arrêt de la Cour de cassation** du 19 octobre 2023 ([n°21-20366](https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000048242197)), confirmé par le Conseil constitutionnel et codifié dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, a tout changé. Applicable sans période de transition dès le 1ᵉʳ janvier 2025, ce texte soumet désormais les **dividendes du président-associé** exerçant en SELAS aux **cotisations TNS**, pour la fraction dépassant **10 % du capital social**, des primes d'émission et des comptes courants d'associés. La même règle que celle appliquée en SELARL.

**Résultat** : le principal argument en faveur de la SELAS c'est-à-dire l'optimisation fiscale sur les dividendes, ne tient plus. Aujourd'hui, le choix entre SELARL et SELAS se joue sur d'autres critères, que nous allons examiner.

### Quels sont les coûts de fonctionnement d'une SELAS ?

La SELAS est, en règle générale, **plus coûteuse à créer et à faire fonctionner** qu'une SELARL. Plusieurs raisons expliquent cet écart.

**À la création**, les frais d'immatriculation restent identiques : 53,16 € HT environ. En revanche, le **tarif de l'annonce légale** est plus élevé : **199 € HT pour une SELAS** en 2026, contre 148 € pour une SELARL. La grande liberté statutaire de la SELAS implique par ailleurs de rédiger des documents sur mesure, précis et solides juridiquement. Faire appel à un avocat ou un [expert-comptable](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/prix-expert-comptable/) est ici indispensable : comptez entre **1 500 et 4 000 €** selon la complexité de votre cabinet. Des **statuts** mal rédigés peuvent en effet générer des litiges particuliers en cas de départ d'un associé ou de changement de direction.

Autre différence notable à la création : la SELAS exige la libération d'**au moins 50 % des** [**apports en numéraire**](https://www.clementine.fr/blog/creation-et-financement/apport-en-numeraire/) dès l'immatriculation, contre seulement 20 % en SELARL. Une immobilisation de trésorerie plus importante à anticiper dans votre plan de financement.

## SELARL ou SELAS : quelles différences sur la cession de titres et la responsabilité ?

### La cession des titres

En SELARL, les associés détiennent des **parts sociales**. Toute cession est strictement encadrée : elle nécessite **l'agrément préalable des autres associés**, ainsi que celui de l'ordre professionnel compétent. Une procédure contraignante qui peut allonger considérablement les délais en cas de départ d'un associé ou d'entrée d'un nouveau praticien dans le cabinet.

En **SELAS**, les associés détiennent des **actions**. Les règles de cession sont définies librement dans les statuts. Les associés peuvent prévoir des conditions d'agrément allégées, des clauses de préemption sur mesure ou des modalités de sortie spécifiques. Résultat : la transmission d'un cabinet ou l'intégration d'un nouvel associé est généralement plus rapide et plus souple qu'en SELARL.

Mais c'est sur les **droits d'enregistrement** que l'écart est le plus frappant :

-   **SELARL** : 3 % du prix de cession, après un abattement de 23 000 € ;
    
-   **SELAS** : 0,1 % du prix de cession, sans abattement. 
    

Exemple concret : pour une cession valorisée à 500 000 € :

-   En SELARL : (500 000 - 23 000) × 3 % = 14 310 € de droits
    
-   En SELAS : 500 000 × 0,1 % = 500 € de droits
    

Un **écart de près de 14 000 €** sur une seule opération. Un argument décisif si vous anticipez une transmission ou une évolution de votre actionnariat à moyen terme.

### La responsabilité limitée aux apports

Sur la question de la responsabilité, en revanche, les deux structures sont identiques. Si la SEL protège bien le **patrimoine personnel des associés** en cas de difficultés financières, cette protection a une limite : les **fautes professionnelles**. 

Un médecin qui commet une erreur médicale, un avocat dont le conseil cause un préjudice :  dans ces situations, le praticien engage sa responsabilité personnelle, quelle que soit la forme juridique de sa SEL.

## Quelles sont les obligations comptables d'une SELARL et d'une SELAS ?

### Les obligations comptables communes aux deux structures

SELARL et SELAS sont toutes deux soumises aux règles de la **comptabilité commerciale**. Concrètement, cela signifie que les produits sont enregistrés dès qu'ils sont acquis et les charges dès qu'elles sont engagées et non à la **date d'encaissement ou de décaissement**. Un fonctionnement différent de la comptabilité de trésorerie pratiquée par certains professionnels libéraux en entreprise individuelle.

Dans les deux cas, la société doit tenir une **comptabilité rigoureuse** et produire chaque année trois documents obligatoires : le [bilan](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/le-bilan-comptable/), le [compte de résultat](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/le-compte-de-resultat/) et l'annexe comptable. Ces documents doivent être approuvés en [assemblée générale](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/proces-verbal-dassemblee-generale/) annuelle, puis déposés au greffe du tribunal de commerce dans les six mois suivant la [clôture de l'exercice](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/cloture-comptable/).

S'ajoutent à cela plusieurs **obligations déclaratives** : déclaration de TVA (si applicable selon l'activité), déclaration de résultat IS, déclaration sociale des indépendants pour le gérant TNS de SELARL, et déclaration de revenus pour le président de SELAS.

Enfin, rappelons que chaque SEL est tenue d'adresser chaque année à son **ordre professionnel** un état actualisé de la composition de son capital social et de ses droits de vote : une formalité souvent négligée mais incontournable.

Compte tenu de ces obligations, le recours à un **expert-comptable** est fortement recommandé, quelle que soit la structure choisie.

### Quand le commissaire aux comptes devient-il obligatoire ?

La nomination d'un [**commissaire aux comptes**](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/commissaire-aux-comptes-obligatoire/) **(CAC)** n'est pas systématique en SELARL ou en SELAS. Elle ne devient obligatoire que si la société dépasse **deux des trois seuils légaux** suivants à la clôture de deux exercices consécutifs :

| **Critère** | **Seuil** |
| --- | --- |
| Total du bilan | \> 5 000 000 € |
| Chiffre d’affaires HT | \> 10 000 000 € |
| Nombre de salariés | \> 50 |

Pour la grande majorité des cabinets libéraux, ces seuils ne sont pas atteints. La nomination d'un CAC reste donc facultative mais peut être prévue volontairement dans les statuts si les associés souhaitent un contrôle renforcé des comptes.

Le coût d'un commissaire aux comptes varie selon la taille et la complexité de la structure, généralement entre **2 000 et 6 000 € par an** pour un cabinet libéral de taille intermédiaire.

## Comment transformer une SELARL en SELAS ? Les étapes à suivre

### Les étapes juridiques de la transformation d'une SELARL en SELAS

Vous exercez en SELARL mais envisagez de **basculer vers une SELAS** ? Bonne nouvelle : la **transformation est possible** sans dissolution ni création d'une nouvelle société. La **continuité juridique** est préservée. En revanche, la procédure est encadrée et exige une préparation rigoureuse.

**Étape 1 : la décision des associés**. La transformation doit être approuvée en assemblée générale extraordinaire. Par principe, la décision de transformer une SELARL en SELAS nécessite l’unanimité des associés, sauf disposition contraire dans les statuts. 

**Étape 2 : la rédaction des nouveaux statuts**. C'est l'étape la plus délicate. Passer à une SELAS implique de rédiger des statuts entièrement sur mesure, définissant précisément la gouvernance, les droits de vote, les modalités de cession des actions et les règles de direction.

**Étape 3 : l'agrément de l'ordre professionnel**. Toute modification de la forme juridique d'une SEL nécessite l'accord préalable de l'ordre professionnel compétent. Selon les professions, ce délai peut aller de quelques semaines à plusieurs mois.

**Étape 4 : les formalités administratives**. Une fois l'agrément obtenu, il faut publier un avis de transformation dans un journal d'annonces légales, puis déposer le dossier complet au Guichet Unique (INPI) pour mettre à jour l'immatriculation au registre du commerce.

**Étape 5 : l’information des tiers**. Dernière étape souvent sous-estimée : informer l'URSSAF, la caisse de retraite professionnelle, la banque et les partenaires contractuels du changement de forme juridique.

Au total, **comptez entre 2 et 6 mois** pour mener à bien cette transformation, selon la réactivité de votre ordre professionnel.

### Quels sont les coûts et les points de vigilance lors de la transformation ?

Transformer une SELARL en SELAS a un coût qu'il convient d'anticiper sérieusement. Sur le plan financier, comptez les **frais de publication d'une annonce légale** de transformation (tarif variable selon la forme et le département), les **frais de greffe** pour la mise à jour de l'immatriculation, ainsi que les **honoraires d'avocat ou d'expert-comptable** pour la rédaction des nouveaux statuts (1 500 à 4 000 €). 

Au-delà du coût immédiat, **plusieurs points de vigilance** méritent votre attention.

#### Le commissaire à la transformation

La transformation vers une SELAS implique en principe l'intervention d'un [**commissaire à la transformation**](https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/commissaire-a-la-transformation/), dont le rôle est d'attester que les capitaux propres sont au moins égaux au capital social (art. L.224-3 du Code de commerce). Si la société dispose déjà d'un commissaire aux comptes, ce dernier peut assurer ce rôle. Sans ce rapport, la transformation n'est pas valable.

Toutefois, une ordonnance du 8 février 2023 précise que le passage SELARL → SELAS ne constitue pas toujours une transformation au sens juridique strict. Un point à clarifier impérativement avec votre avocat selon votre situation.

#### Le changement de statut social. 

En passant de SELARL à SELAS, le gérant TNS **devient président assimilé salarié**. Ce basculement entraîne une hausse immédiate et significative des cotisations sociales. Une transition à planifier avec votre expert-comptable pour éviter toute mauvaise surprise sur votre trésorerie.

#### La libération des apports

La SELAS exige que 50 % des apports en numéraire soient libérés dès l'immatriculation, contre 20 % en SELARL. Si votre capital n'est pas encore entièrement libéré, une mise de fonds complémentaire peut être nécessaire.

#### Les contrats en cours

La transformation ne remet pas en cause la continuité juridique de la société, mais elle impose de vérifier vos baux professionnels, contrats fournisseurs et polices d'assurance (comme la responsabilité civile professionnelle). Certains contrats contiennent des clauses sensibles au changement de forme juridique.

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💡 **À savoir** : si vous bénéficiez encore de l'option IR dans votre SELARL, la transformation peut avoir des conséquences fiscales immédiates. Un point à anticiper absolument avant d'enclencher la procédure.

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## SELARL ou SELAS : comment faire le bon choix selon votre situation ?

### Vous privilégiez des cotisations réduites et une gestion simple : choisissez la SELARL

Si votre priorité est de **maximiser votre rémunération nette** tout en limitant vos charges sociales, la **SELARL** est la structure la plus adaptée. Avec des cotisations TNS représentant environ 40 à 45 % de la rémunération brute, elle offre un avantage considérable par rapport à la SELAS sur ce point précis.

Au-delà des cotisations, la SELARL convient particulièrement aux professionnels qui recherchent une **gestion simple et sécurisée**. Ses statuts sont encadrés par la loi : pas besoin de rédiger une gouvernance sur mesure coûteuse. Les règles de fonctionnement sont prédéfinies, ce qui limite les risques de litiges entre associés.

C'est également la **structure de référence pour les cabinets stables**, les praticiens qui exercent seuls ou en petit groupe, et les **structures à caractère familial**. Si vous n'envisagez pas d'intégrer des investisseurs extérieurs à court terme et que votre activité est établie, la SELARL offre un cadre juridique solide et des coûts de fonctionnement maîtrisés.

En revanche, si votre situation évolue (croissance du cabinet, projet de cession, besoin de souplesse statutaire), la SELAS peut devenir plus pertinente. C'est précisément ce que nous allons voir.

### Vous recherchez souplesse et protection sociale étendue : optez pour la SELAS

#### Premier avantage : la liberté statutaire

Contrairement à la SELARL, dont les règles de fonctionnement sont largement prédéfinies par la loi, la SELAS vous permet de construire une **gouvernance entièrement sur mesure**. Vous définissez librement les **droits de vote** attachés à chaque catégorie d'actions, les modalités de prise de décision et les conditions d'entrée ou de sortie des associés. Une organisation et une gestion idéales pour les cabinets multiassociés complexes.

#### Deuxième avantage : la protection sociale

Le **statut d'assimilé salarié** du président offre une couverture maladie, maternité, prévoyance et retraite nettement plus complète qu'en SELARL. Pour certains praticiens (notamment les femmes en âge d'avoir des enfants ou les professionnels exposés à des risques de santé), cette protection peut peser lourd dans la balance, malgré un coût de cotisations plus élevé.

#### Troisième avantage : l'ouverture du capital

La SELAS **facilite l'entrée d'actionnaires non professionnels** via des actions de préférence, sans remettre en cause la majorité des droits de vote des professionnels en exercice. Un levier précieux si vous souhaitez **investir**, développer votre cabinet ou préparer une **cession** dans les meilleures conditions.

### Le tableau de décision final : quel profil pour quelle structure ?

Pour synthétiser l'ensemble des critères abordés dans cet article, voici un **tableau de décision** conçu pour vous aider à identifier la structure la plus adaptée à votre situation.

| Votre situation | SELARL | SELAS |
| --- | --- | --- |
| Vous exercez seul | ✅ Recommandée | ⚠️ Possible |
| Cabinet stable, peu d’associés | ✅   | ⚠️  |
| Priorité : cotisations réduites | ✅   | ❌   |
| Priorité : protection sociale étendue | ❌   | ✅   |
| Cabinet en forte croissance | ⚠️  | ✅   |
| Projet de cession ou transmission | ⚠️  | ✅   |
| Intégration d’investisseurs extérieurs | ⚠️  | ✅   |
| Structure familiale | ✅   | ❌   |
| Conjoint collaborateur | ✅   | ❌   |

Un constat s'impose à la lecture de ce tableau : il n'existe **pas de structure universellement supérieure**. La SELARL et la SELAS répondent à des besoins différents, des profils différents et des ambitions différentes. Ce qui est certain, en revanche, c'est que depuis 2025, le critère des dividendes ne doit plus guider votre choix. La décision se joue désormais sur votre régime social, votre vision à long terme et la souplesse de gouvernance dont vous avez besoin.

## Clementine peut-elle vous accompagner dans votre choix ?

Créer une SELARL ou une SELAS soulève des questions comptables, fiscales et sociales qui méritent un regard expert. Chez [Clementine.fr](https://www.clementine.fr/expertise-comptable/), **des expert-comptables vous accompagnent à chaque étape** : choix de la structure, suivi de votre comptabilité, déclarations fiscales et bilan annuel. Vous gagnez du temps, vous maîtrisez vos coûts et vous restez concentré sur votre activité libérale.

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## FAQ

### Quelle est la différence entre une SEL et une SELARL ? 

La SEL (Société d'Exercice Libéral) est le terme générique désignant toutes les formes de sociétés pour professions libérales réglementées. La SELARL en est une déclinaison spécifique, calquée sur le modèle de la SARL.

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