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Benjamin Plateau · 9 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Les intérêts courus correspondent aux intérêts accumulés au cours d’une période, mais payés ou encaissés à une date ultérieure.
Ils peuvent prendre la forme d’intérêts échus, d’intérêts courus non échus (ICNE) ou d’intérêts à recevoir.
Leur calcul repose sur un prorata tenant compte de la durée écoulée depuis la dernière échéance.
Leur comptabilisation permet de rattacher correctement les charges et produits financiers à l’exercice concerné.
Une attention particulière est nécessaire pour éviter les erreurs de période, de calcul ou de compte comptable.
À la clôture d’un exercice, une entreprise peut devoir prendre en compte des intérêts qui n’ont encore été ni payés ni encaissés. Pourtant, ces montants ne peuvent pas être ignorés : ils doivent être rattachés à la bonne période comptable. Ce sont les intérêts courus.
Comment les calculer ? Quelles différences entre intérêts courus échus, intérêts courus non échus (ICNE) et intérêts à recevoir ? Et quelles écritures comptables enregistrer ? Découvrez les règles essentielles pour maîtriser le traitement des intérêts courus.
Les intérêts courus correspondent aux intérêts accumulés sur une période donnée, mais dont le paiement ou l’encaissement intervient à une date différente de celle où ils sont comptabilisés.
En comptabilité, ils permettent de rattacher les charges et les produits financiers à l’exercice auquel ils se rapportent réellement, conformément au principe d’indépendance des exercices.
Les intérêts courus peuvent prendre plusieurs formes selon que l’entreprise doit les payer ou qu’elle doit les percevoir. On distingue principalement les intérêts courus échus, les intérêts courus non échus (ICNE) et les intérêts à recevoir.
Le tableau ci-dessous permet de comparer rapidement leurs principales caractéristiques :
Les intérêts courus sont généralement calculés à la clôture de l’exercice comptable afin de rattacher correctement les charges et les produits financiers à la période concernée.
Il est également possible de calculer les intérêts courus à tout moment. Une entreprise peut, par exemple, souhaiter connaître les intérêts déjà accumulés sur un emprunt ou un placement avant leur date de paiement ou d’encaissement.
Le calcul des intérêts courus consiste à déterminer la part des intérêts qui correspond à la période déjà écoulée. Autrement dit, si les intérêts sont calculés sur une période de plusieurs mois, mais que l’exercice comptable se termine avant leur paiement, il faut uniquement comptabiliser les intérêts déjà générés jusqu’à la date de clôture.
Pour cela, il convient de :
Identifier le montant total des intérêts prévus pour la période.
Calculer la durée totale de cette période (par exemple, six mois entre deux échéances).
Déterminer le nombre de jours écoulés entre la dernière échéance d’intérêts et la date de calcul (généralement la clôture de l’exercice).
Calculer la part des intérêts correspondant aux jours déjà écoulés.
La formule est la suivante : intérêts courus = montant total des intérêts × (nombre de jours écoulés ÷ nombre total de jours de la période).
💡 À savoir : selon les contrats, le calcul peut être effectué sur une année civile de 365 jours ou sur une année bancaire de 360 jours. Il est donc recommandé de vérifier la convention de calcul prévue dans votre contrat d’emprunt ou de placement.
Une entreprise contracte un emprunt dont les intérêts sont payables tous les six mois. Les intérêts dus pour la période s’élèvent à 6 000 €. L’exercice comptable est clôturé deux mois après le début de la période.
Intérêts de la période : 6 000 €
Durée totale : 180 jours
Jours écoulés : 60 jours
Le calcul est donc le suivant :
6 000 × (60 ÷ 180) = 2 000 €
À la clôture, l’entreprise comptabilisera 2 000 € d’intérêts courus non échus, correspondant aux intérêts déjà générés mais dont le paiement interviendra à l’échéance suivante.
Lorsque les intérêts courus ont été calculés, il convient par la suite de les comptabiliser dans les comptes appropriés. Les écritures comptables diffèrent selon que l’entreprise doit payer des intérêts sur un emprunt ou qu’elle doit percevoir des intérêts sur un placement.
À la clôture de l’exercice, les intérêts courus non échus liés à un emprunt doivent être comptabilisés de la manière suivante :
Débiter le compte 66116 « Intérêts des emprunts et dettes assimilées ».
Créditer le compte 16884 « Intérêts courus sur emprunt ».
Cette écriture permet de prendre en compte les intérêts générés au cours de l’exercice, même si leur paiement interviendra lors d’une échéance ultérieure.
Lorsque l’entreprise doit percevoir des intérêts sur un placement ou une créance, ceux-ci doivent également être rattachés à l’exercice au cours duquel ils ont été générés, même si leur encaissement intervient plus tard.
L’écriture comptable est la suivante :
Débiter le compte 5188 « Intérêts à percevoir ».
Créditer le compte 768 « Autres produits financiers ».
Cette écriture permet de rattacher les intérêts acquis à l’exercice auquel ils se rapportent, même s’ils n’ont pas encore été encaissés.
Les intérêts courus non échus (ICNE) et les charges constatées d’avance (CCA) sont deux notions comptables fréquemment confondues. Pourtant, elles répondent à des logiques totalement opposées.
La différence principale repose sur la période à laquelle la charge se rattache :
Les intérêts courus non échus (ICNE) correspondent à des intérêts déjà acquis au cours de l’exercice comptable, mais qui ne seront payés qu’à une date ultérieure. Ils doivent donc être comptabilisés à la clôture de l’exercice afin de rattacher correctement la charge financière à la période concernée, conformément au principe d’indépendance des exercices.
Les charges constatées d’avance (CCA) concernent, à l’inverse, des dépenses déjà payées, mais qui se rapportent en partie ou totalement à l’exercice suivant. Elles sont alors retirées des charges de l’exercice en cours pour être rattachées à la bonne période.
Le tableau ci-dessous résume les principales différences abordées précédemment entre intérêts courus non échus et charges constatées d’avance :
Pour bien saisir ce qui les distingue, voici un exemple : une entreprise clôture son exercice le 31 décembre. Elle rembourse les intérêts de son emprunt tous les 31 mars. Les intérêts correspondant à la période du 1er octobre au 31 décembre ont déjà été générés, même s’ils ne seront réglés qu’en mars. Ils constituent donc des intérêts courus non échus.
À l’inverse, cette même entreprise règle le 1er décembre une assurance annuelle couvrant la période du 1er décembre au 30 novembre de l’année suivante. La partie correspondant aux mois de janvier à novembre de l’exercice suivant constitue une charge constatée d’avance, puisqu’elle a été payée par anticipation.
Une erreur dans le traitement des intérêts courus peut fausser le résultat de l’exercice, modifier la présentation du bilan ou entraîner des écarts lors des exercices suivants. Voici les principales erreurs à éviter pour garantir une comptabilisation correcte des intérêts courus.
Les intérêts courus doivent être rattachés à l’exercice comptable auquel ils se rapportent, même si leur paiement ou leur encaissement intervient ultérieurement.
Oublier de les comptabiliser revient à ne pas prendre en compte une charge ou un produit financier déjà acquis au cours de l’exercice. Le résultat comptable peut alors être faussé : une entreprise ayant des intérêts à payer pourrait, par exemple, présenter un bénéfice artificiellement augmenté si une partie de ses charges financières n’a pas été enregistrée.
Cette vigilance est particulièrement importante pour les emprunts dont les échéances d’intérêts sont espacées, notamment lorsqu’elles sont trimestrielles, semestrielles ou annuelles.
Les intérêts courus non échus (ICNE) et les charges constatées d’avance (CCA) sont souvent confondus, car ils concernent tous deux un décalage entre la période comptable et le règlement. Une mauvaise distinction entre ces deux notions peut conduire à un mauvais rattachement des charges et à une présentation incorrecte des comptes annuels.
Le montant des intérêts courus dépend directement de la période prise en compte dans le calcul. Une erreur sur les dates peut donc modifier le montant comptabilisé à la clôture.
Il convient notamment de vérifier :
la date de la dernière échéance d’intérêts ;
la date de clôture de l’exercice ;
la durée totale de la période concernée ;
la convention de calcul prévue dans le contrat (année civile de 365 jours, base bancaire de 360 jours, etc.).
Pour éviter les erreurs, il est recommandé de s’appuyer sur le tableau d’amortissement ou l’échéancier fourni par l’établissement financier.
Les intérêts courus doivent être enregistrés dans les comptes appropriés afin de refléter correctement leur nature dans les états financiers. L’utilisation d’un mauvais compte peut compliquer la lecture des comptes et fausser l’analyse financière de l’entreprise.
Le montant des intérêts courus doit pouvoir être expliqué et contrôlé, notamment en cas de révision comptable ou de contrôle fiscal.
Il est donc conseillé de conserver les éléments permettant de justifier le calcul, notamment :
le contrat d’emprunt ou de placement ;
le tableau d’amortissement ;
l’échéancier des paiements ;
le détail du prorata appliqué ;
la méthode de calcul retenue.
Une bonne documentation permet de sécuriser les écritures comptables et de faciliter les travaux de clôture des exercices suivants.
Les intérêts courus désignent l’ensemble des intérêts accumulés sur une période donnée, qu’ils soient échus ou non. Les intérêts courus non échus (ICNE) correspondent uniquement aux intérêts déjà générés, mais dont la date de paiement n’est pas encore arrivée.
Les intérêts courus peuvent concerner les emprunts, mais aussi les placements financiers. Dans le premier cas, ils représentent une charge à payer. Dans le second, ils correspondent à des intérêts à recevoir, donc à un produit financier.
Rédigé par :
Fort de 8 ans d’expérience en gestion comptable et management, Benjamin partage sa vision opérationnelle pour optimiser les processus et la performance des organisations.
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