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Benjamin Plateau · 7 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
L'évaluation des stocks permet de déterminer la valeur des marchandises, matières premières et produits à la clôture de l'exercice, afin de garantir des comptes fiables.
Les stocks sont valorisés selon leur coût d'acquisition ou leur coût de production, en fonction de leur origine.
Deux méthodes sont autorisées pour évaluer les stocks : le coût moyen pondéré (CMP) et le premier entré, premier sorti (FIFO ou PEPS).
Une dépréciation doit être constatée lorsque la valeur actuelle d'un stock devient inférieure à son coût d'entrée.
Le suivi d'indicateurs comme le taux de rotation ou la durée moyenne de stockage aide à mieux gérer les stocks et à préserver la trésorerie de l'entreprise.
L'évaluation des stocks en comptabilité est une étape incontournable de la clôture de l'exercice. Elle consiste à déterminer la valeur des marchandises, matières premières et produits finis détenus par l'entreprise à une date donnée. Bien menée, elle garantit la fiabilité du bilan et le calcul d'un résultat juste. Mal réalisée, elle fausse la rentabilité affichée et expose l'entreprise à un risque fiscal.
Ce guide vous explique comment évaluer vos stocks, quelles méthodes appliquer et comment suivre leur valeur tout au long de l'année.
L'évaluation des stocks désigne le processus de valorisation des biens détenus par l'entreprise et destinés à être vendus ou consommés dans le cycle d'exploitation. Elle concerne quatre catégories d'éléments : les marchandises, les matières premières, les en-cours de production et les produits finis.
Cette opération n'est pas facultative. Toute entreprise commerciale doit procéder à un inventaire physique au moins une fois par exercice afin de contrôler l'existence et la valeur de ses éléments d'actif.
L'inventaire sert ensuite de base à l'enregistrement comptable des stocks dans les comptes de la classe 3 du Plan comptable général. La valeur retenue influence directement le résultat, puisque la variation de stock entre l'ouverture et la clôture vient corriger les charges de l'exercice.
L'enjeu est donc double. Une évaluation rigoureuse assure d'abord une image fidèle du patrimoine de l'entreprise. Elle permet ensuite de déterminer un résultat exact, ni surévalué ni minoré, ce qui conditionne le calcul de l'impôt et la confiance des partenaires financiers.
💡 À savoir : l'obligation d'établir un inventaire au moins une fois tous les douze mois est posée par l'article L123-12 du Code de commerce, qui impose à tout commerçant de contrôler par inventaire l'existence et la valeur des éléments actifs et passifs du patrimoine de l'entreprise.
La première étape de l'évaluation consiste à déterminer la valeur d'entrée des stocks, c'est-à-dire leur coût au moment de leur acquisition ou de leur production. Le Plan comptable général distingue deux situations selon que les biens sont achetés à l'extérieur ou fabriqués par l'entreprise.
Pour les marchandises et les matières premières achetées, on retient le coût d'acquisition. Celui-ci comprend le prix d'achat hors taxes, après déduction des rabais, remises et ristournes obtenus, ainsi que des escomptes de règlement.
À ce prix d'achat s'ajoutent les frais accessoires d'achat directement attribuables à l'acquisition. Il s'agit notamment des frais de transport, des frais de manutention, des commissions et des droits de douane supportés pour acheminer le bien jusqu'à l'entreprise. En revanche, les taxes récupérables comme la TVA déductible n'entrent jamais dans le coût d'acquisition. Le coût d'entrée correspond ainsi à la somme du prix d'achat net et de l'ensemble de ces charges accessoires.
Pour les produits finis et les en-cours, l'entreprise retient le coût de production. Ce coût agrège plusieurs composantes. On y trouve d'abord le coût d'acquisition des matières premières et fournitures consommées au cours du processus de fabrication.
S'ajoutent ensuite les charges directes de production, c'est-à-dire les dépenses qui peuvent être affectées sans calcul intermédiaire à un produit donné, comme la main-d'œuvre directement employée à sa fabrication. Viennent enfin les charges indirectes de production, retenues dans la mesure où elles se rattachent raisonnablement au cycle de fabrication. À l'inverse, les frais de recherche et développement ainsi que les coûts liés à une sous-activité ne sont pas incorporables au coût de production des stocks.
À la clôture de l'exercice, un problème se pose pour les biens interchangeables achetés à des prix différents au fil de l'année. Comment valoriser un stock composé d'articles identiques entrés à des coûts variables ? Le Plan comptable général autorise deux méthodes d'évaluation des stocks pour résoudre cette difficulté : le coût moyen pondéré et le premier entré, premier sorti.
La méthode du coût moyen pondéré consiste à calculer un coût unitaire moyen à partir de la valeur du stock initial augmentée de celle des entrées, divisée par les quantités correspondantes. Ce calcul peut être effectué après chaque entrée, on parle alors de CMP après chaque entrée, ou en fin de période sur la durée moyenne de stockage.
Son principal avantage est de lisser les variations de prix sur la période. Elle évite ainsi qu'une hausse ou une baisse ponctuelle des coûts d'achat ne pèse de manière disproportionnée sur la valorisation. C'est une méthode appréciée pour sa simplicité et sa neutralité, particulièrement adaptée aux stocks composés d'articles homogènes et de faible valeur unitaire.
La méthode FIFO, pour First In First Out, traduite en français par PEPS (premier entré, premier sorti), repose sur une hypothèse simple. Les premiers articles entrés en stock sont considérés comme les premiers à en sortir. Le stock final est donc valorisé au coût des acquisitions les plus récentes.
Cette méthode présente l'intérêt de refléter une valeur de stock proche des derniers prix du marché. Elle est particulièrement pertinente pour les biens périssables ou sujets à obsolescence, dont l'écoulement suit naturellement l'ordre des entrées. En période de hausse des prix, elle tend toutefois à majorer la valeur du stock final et donc le résultat de l'exercice.
💡 À savoir : la méthode du dernier entré, premier sorti, dite LIFO ou DEPS, est interdite en France pour l'établissement des comptes annuels. Seules les méthodes CMP et FIFO sont admises par le Plan comptable général, contrairement à d'autres référentiels internationaux.
Le choix entre les deux méthodes dépend de la nature des stocks et de l'objectif de gestion. Le tableau ci-dessous synthétise leurs caractéristiques.
Une fois la méthode choisie, l'entreprise doit l'appliquer de façon constante d'un exercice à l'autre. Ce principe de permanence des méthodes garantit la comparabilité des comptes dans le temps.
L'évaluation ne s'arrête pas au coût d'entrée. À la clôture, l'entreprise compare ce coût d'entrée à la valeur actuelle du stock, généralement appréciée à partir de sa valeur nette de réalisation. Lorsque cette valeur actuelle devient inférieure au coût d'entrée, une dépréciation doit être constatée.
Ce mécanisme découle directement du principe de prudence, qui interdit de reporter sur les exercices futurs des pertes probables connues à la date de clôture. Un stock devient ainsi déprécié lorsque les articles sont invendus depuis longtemps, abîmés, démodés ou que leur prix de vente prévisionnel a chuté en dessous de leur coût.
Sur le plan comptable, la dépréciation se traduit par une écriture qui débite un compte de dotation aux dépréciations et crédite un compte de dépréciation des stocks de la classe 39. Cette dépréciation réduit la valeur du stock au bilan sans modifier son coût d'entrée d'origine. Si la cause de la dépréciation disparaît lors d'un exercice ultérieur, une reprise vient annuler tout ou partie de l'écriture initiale. À l'inverse des immobilisations, un stock ne fait jamais l'objet d'un amortissement mais uniquement d'une dépréciation, car sa perte de valeur n'est ni systématique ni irréversible.
Au-delà de l'évaluation annuelle, un pilotage efficace suppose de suivre la valeur des stocks tout au long de l'année. Plusieurs indicateurs permettent de mesurer la performance de la gestion des stocks et d'anticiper les difficultés.
Le taux de rotation des stocks mesure le nombre de fois où le stock se renouvelle sur une période. Il se calcule en rapportant le coût des ventes au stock moyen, ce dernier étant le plus souvent obtenu à partir de la moyenne entre le stock initial et le stock final. Un taux élevé signale un écoulement rapide des marchandises, tandis qu'un taux faible révèle un sur-stockage et une immobilisation excessive de trésorerie.
La durée moyenne de stockage, exprimée en jours, complète cet indicateur en indiquant le temps moyen pendant lequel un article reste en stock avant d'être vendu. Plus cette durée est courte, plus le besoin en fonds de roulement lié aux stocks est réduit. Vient enfin la valeur du stock immobilisé, qui correspond au montant total figurant au bilan. Suivre son évolution permet de détecter une dérive avant qu'elle ne pèse sur la trésorerie de l'entreprise.
💡 À savoir : un stock mal maîtrisé gonfle mécaniquement le besoin en fonds de roulement, car les sommes immobilisées dans les marchandises ne sont pas disponibles pour financer l'activité courante. Le suivi régulier des stocks est donc autant un sujet comptable qu'un levier de trésorerie.
Rédigé par :
Fort de 8 ans d’expérience en gestion comptable et management, Benjamin partage sa vision opérationnelle pour optimiser les processus et la performance des organisations.
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