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Morgane Mercier · 11 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Le choix entre l’IR et l’IS dépend principalement du statut juridique de l’entreprise, mais il est souvent possible d’opter pour l’autre régime sous certaines conditions.
À l’IR, les bénéfices sont imposés directement entre les mains de l’entrepreneur ou des associés, tandis qu’à l’IS, c’est la société qui paie l’impôt.
Chaque régime présente des avantages selon la situation de l’entreprise, notamment en matière de rémunération, de réinvestissement des bénéfices, de gestion des déficits et de fiscalité.
Il est possible de changer de régime fiscal en respectant des conditions et des délais précis, avec des conséquences qu’il convient d’anticiper.
Une comparaison chiffrée est souvent nécessaire pour déterminer le régime le plus avantageux en fonction des revenus, des bénéfices et des objectifs de l’entreprise.
Au moment de créer votre entreprise, le choix entre l'IR ou l'IS est l'une des premières décisions fiscales à prendre. Ces deux régimes d'imposition des bénéfices déterminent qui paie l'impôt, à quel taux et selon quelles modalités. Faire le bon choix influence la rentabilité de votre activité, mais aussi vos cotisations sociales, votre rémunération et la fiscalité en cas de cession.
Cet article vous explique la différence entre les deux régimes, les entreprises concernées par chacun, et comment identifier celui qui correspond le mieux à votre situation.
Le régime d'imposition d'une entreprise dépend avant tout de son statut juridique. Chaque forme juridique relève d'un régime « de plein droit », mais peut, dans la majorité des cas, opter pour l'autre régime.
Relèvent de l'impôt sur le revenu de plein droit les structures dites « transparentes fiscalement » :
L'entreprise individuelle (EI), qu'elle relève du régime micro ou d'un régime réel d'imposition
L'EURL dont l'associé unique est une personne physique
La société en nom collectif (SNC)
La société civile, notamment la société civile immobilière (SCI), en principe à l'IR sauf lorsqu'elle exerce une activité commerciale non accessoire
La société en participation et la société de fait
Dans ces structures, l'entreprise ne paie pas d'impôt en son nom propre : les bénéfices sont imposés directement entre les mains de l'entrepreneur ou des associés. L'EI peut, sur option, relever de l'IS, mais uniquement si elle est soumise à un régime réel d'imposition : le régime micro reste à l'IR.
Certaines sociétés normalement soumises à l'IS, comme la SARL, la SAS ou la SASU, peuvent aussi opter pour l'IR pour 5 exercices maximum, sous conditions strictes de taille, d'ancienneté, d'activité et de détention du capital.
Cette option est en revanche illimitée pour la SARL de famille, lorsque la société exerce une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole, à l'exclusion des activités libérales, et réunit uniquement des membres d'une même famille.
Sont soumises à l'impôt sur les sociétés de plein droit :
La société à responsabilité limitée (SARL)
La société par actions simplifiée (SAS) et sa version unipersonnelle (SASU)
La société anonyme (SA)
La société en commandite par actions (SCA)
L'EURL dont l'associé unique est une personne morale
À côté de ces sociétés assujetties de plein droit, les structures normalement à l'IR (entreprise individuelle au régime réel, EURL à associé personne physique, SNC, SCI) peuvent opter pour l'IS. Depuis 2019, cette option n'est plus irréversible : elle peut être révoquée jusqu'à la fin du cinquième exercice suivant celui au titre duquel elle a été exercée. Au-delà de ce délai, le choix de l'IS devient irrévocable.
💡 À savoir : la possibilité de renoncer à l'option pour l'IS dans ce délai résulte de l'article 239 du Code général des impôts, qui encadre les conditions et les délais de cette révocation. Pensez à conserver une trace écrite de la date d'option, car elle conditionne le point de départ du délai de renonciation.
Pour y voir clair, ce tableau récapitule le régime applicable selon les principales formes juridiques :
Le statut juridique conditionne donc le régime fiscal par défaut, mais l'option permet d'ajuster ce régime à votre situation réelle dans la plupart des cas.
La différence fondamentale entre l'IR et l'IS tient à l'identité du redevable de l'impôt. À l'IR, l'entreprise est transparente : ce sont les associés qui sont imposés personnellement sur leur quote-part de bénéfice, au barème progressif de l'impôt sur le revenu, qu'ils aient prélevé ou non ces sommes. À l'IS, c'est la société elle-même qui paie l'impôt en son nom propre, à un taux fixe, indépendamment de la situation personnelle des associés.
Cette différence en entraîne plusieurs autres. À l'IR, la rémunération du dirigeant n'est pas déductible du résultat fiscal, alors qu'elle l'est à l'IS. À l'IR, certains déficits peuvent, sous conditions, s'imputer sur le revenu global du foyer fiscal, tandis qu'à l'IS ils ne sont reportables que sur les bénéfices futurs de la société.
À l'IR, la logique de distribution de dividendes n'est pas la même, puisque les bénéfices sont imposés directement chez les associés, alors qu'à l'IS les bénéfices distribués sont taxés une seconde fois entre les mains des associés.
Avant de comparer les deux régimes, il faut comprendre comment fonctionne concrètement chacun d'eux.
À l'IR, l'entreprise est fiscalement transparente : elle ne paie pas l'impôt elle-même. Les bénéfices sont imposés directement au nom de l'entrepreneur ou des associés, qu'ils aient été distribués ou non. Chaque associé est imposé sur sa quote-part, proportionnellement à sa participation au capital.
Ces bénéfices sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, qui comporte cinq tranches en 2026, pour les revenus 2025 : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. Le taux réel dépend donc du niveau global de revenus du foyer fiscal et de son nombre de parts. Selon la nature de l'activité, les bénéfices sont déclarés en bénéfices industriels et commerciaux (BIC), bénéfices non commerciaux (BNC) ou bénéfices agricoles (BA). Dans les structures à l'IR, la rémunération du dirigeant n'est pas traitée comme une charge déductible du résultat fiscal, car elle n'est pas distinguée du bénéfice de l'entreprise.
À l'IS, c'est la société qui paie l'impôt en son nom propre, ce qui rend la charge fiscale prévisible. Deux taux s'appliquent en 2026 :
Le taux normal de 25 %, applicable à toutes les entreprises quel que soit leur chiffre d'affaires.
Le taux réduit de 15 %, applicable sur les premiers 42 500 € de bénéfices, réservé aux PME qui remplissent des conditions cumulatives : un chiffre d'affaires hors taxes inférieur à 10 millions d'euros et un capital entièrement libéré, détenu à au moins 75 % par des personnes physiques ou par une société elle-même détenue dans ces proportions par des personnes physiques.
À l'IS, la rémunération du dirigeant est déductible du résultat de la société, à condition qu'elle soit normale et justifiée au regard du travail effectué. Les associés ne sont imposés personnellement que sur ce qu'ils perçoivent réellement : leur rémunération, imposée au barème de l'IR dans la catégorie traitements et salaires, et les dividendes éventuels, soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, avec une option possible pour le barème progressif de l'IR. Tant que les bénéfices restent dans l'entreprise, ils ne supportent que l'IS.
💡 À savoir : les taux de l'impôt sur les sociétés sont fixés par l'article 219 du Code général des impôts. Le taux normal de 25 % est applicable depuis le 1er janvier 2022, après une baisse progressive engagée en 2018, l'objectif étant de rapprocher la fiscalité française de la moyenne européenne.
Plusieurs vérifications simples permettent de connaître le régime fiscal de votre entreprise :
Consultez vos statuts et l'extrait Kbis : la forme juridique donne déjà le régime de plein droit, une SAS étant à l'IS et une EI à l'IR.
Vérifiez si une option a été exercée : si une option a été notifiée à l'administration fiscale, le régime appliqué est celui de l'option, pas celui de plein droit.
Regardez votre liasse fiscale : une entreprise à l'IS dépose une déclaration de résultats n° 2065, tandis qu'une entreprise à l'IR dépose une déclaration n° 2031 (BIC) ou n° 2035 (BNC).
Identifiez qui paie l'impôt : si l'impôt sur les bénéfices figure dans la comptabilité de la société, vous êtes à l'IS ; si le bénéfice est ajouté à vos revenus personnels, vous êtes à l'IR.
En cas de doute, votre expert-comptable peut confirmer immédiatement le régime applicable et l'historique des options éventuelles.
Il n'existe pas de régime universellement meilleur : le bon choix dépend de votre activité, de vos revenus et de vos objectifs. Voici les principaux cas de figure.
Le régime de la micro-entreprise est indissociable de l'IR. Vous êtes imposé sur votre chiffre d'affaires après un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité. Le régime micro peut être intéressant si vos charges réelles restent relativement faibles, mais cet avantage dépend aussi de votre chiffre d'affaires, de votre situation au regard de la TVA et de votre fiscalité personnelle. Passer à l'IS impliquerait de sortir du régime micro pour rejoindre un régime réel.
Lorsque votre activité génère des pertes, l'IR présente un atout majeur : certains déficits peuvent, sous conditions, s'imputer sur les autres revenus du foyer fiscal comme le salaire d'un conjoint ou des revenus fonciers, ce qui réduit l'impôt global. À l'IS, le déficit ne peut être reporté que sur les bénéfices futurs de la société. Pour un lancement d'activité qui démarre dans le rouge, l'IR est souvent plus intéressant.
Si vos revenus globaux vous placent dans les tranches basses du barème, à 0 % ou 11 %, l'IR peut être plus léger que l'IS, dont le taux plancher est de 15 %. Tant que le taux moyen d'imposition de votre foyer reste inférieur au taux réduit de l'IS, conserver l'IR limite la facture fiscale.
Dès lors que vous prélevez une rémunération conséquente, l'IS devient souvent avantageux : cette rémunération est déductible du bénéfice de la société, ce qui réduit la base imposable. À l'IR, cette même rémunération n'est pas déductible et le bénéfice est imposé en totalité, qu'il soit prélevé ou non.
Si votre objectif est de faire croître l'entreprise en réinvestissant ses résultats, l'IS est généralement préférable. Les bénéfices conservés dans la société ne supportent que l'IS, à 15 % ou 25 %, sans imposition personnelle supplémentaire tant qu'ils ne sont pas distribués. À l'IR, vous êtes imposé sur la totalité du bénéfice même en le laissant dans l'entreprise.
💡 À savoir : le choix entre IR et IS gagne toujours à être chiffré au cas par cas. Une simulation comparative, réalisée avec un expert-comptable, permet de mesurer précisément l'écart d'imposition selon votre niveau de bénéfice et de rémunération, en tenant compte des cotisations sociales du dirigeant.
Ce tableau résume les principales différences entre les deux régimes :
Le régime fiscal n'est pas figé : il est possible d'en changer, dans des conditions et des délais précis.
Une entreprise relevant de l'IR, qu'il s'agisse d'une EURL, d'une SNC, d'une SCI ou d'une entreprise individuelle soumise à un régime réel, peut opter pour l'IS. L'option doit être notifiée à votre service des impôts des entreprises avant la fin du troisième mois du premier exercice au titre duquel vous souhaitez être soumis à l'IS. Cette notification se fait par courrier ou via votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.
Depuis 2019, cette option peut être révoquée jusqu'à la fin du cinquième exercice suivant celui au titre duquel elle a été exercée. Au-delà, le passage à l'IS devient irrévocable. Ce changement entraîne des conséquences fiscales immédiates, comme l'imposition de certains bénéfices et plus-values latentes : un accompagnement comptable est vivement recommandé avant de franchir le pas.
Le passage de l'IS à l'IR est plus encadré. Une société soumise à l'IS de plein droit (SARL, SAS, SASU) peut opter pour l'IR uniquement si elle remplit des conditions strictes portant notamment sur son ancienneté, sa taille, son activité, son absence de cotation et la détention de son capital et de ses droits de vote. Cette option pour l'IR est valable cinq exercices maximum, sans renouvellement possible : à l'issue de cette période, l'option cesse et la société est de nouveau soumise à l'IS.
La SARL de famille fait exception : son option pour l'IR peut être maintenue sans limite de durée tant que les conditions familiales et d'activité sont respectées.
Le statut juridique indique le régime de plein droit : une SAS ou une SARL est à l'IS, une EI ou une micro-entreprise à l'IR. Vérifiez ensuite si une option a été notifiée à l'administration. Votre liasse fiscale confirme le régime : déclaration n° 2065 à l'IS, n° 2031 ou 2035 à l'IR.
Le passage à l'IS devient pertinent quand les bénéfices augmentent, que vous souhaitez les réinvestir ou que le barème progressif de l'IR dépasse le taux de 25 %. L'option doit être notifiée au service des impôts des entreprises avant la fin du troisième mois du premier exercice concerné.
Rédigé par :
Experte en facturation et relation client, Morgane simplifie les paiements et optimise la trésorerie pour concilier performance financière et satisfaction client.
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